Un mot sur les agressions sexuelles

La définition de l’agression sexuelle :

Une agression sexuelle est un geste à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, commis par un individu sans le consentement de la personne visée ou, dans certains cas, notamment dans celui des enfants, par une manipulation affective ou par du chantage.

Il s’agit d’un acte visant à assujettir une autre personne à ses propres désirs par un abus de pouvoir, par l’utilisation de la force ou de la contrainte, ou sous la menace implicite ou explicite.  Une agression sexuelle porte atteinte aux droits fondamentaux, notamment  à l’intégrité physique et psychologique et à la sécurité de la personne.

Cette définition s’applique quels que soient :

  •   l’âge, le sexe, la culture, la religion et l’orientation sexuelle de la personne victime ou de l’agresseur sexuel;
  •   le type de geste à caractère sexuel posé et le lieu ou le milieu de vie dans lequel il a été fait;
  •   la nature du lien existant entre la personne victime et l’agresseur sexuel.

On parle d’agression sexuelle lorsqu’on utilise les termes légaux suivants :  viol, abus sexuel, infractions sexuelles, contacts sexuels, inceste, prostitution juvénile.

AGRESSER SEXUELLEMENT  c’est imposer des attitudes, des paroles ou des gestes à connotation sexuelle contre la volonté d’une personne (acte de domination) en utilisant sa vulnérabilité (abus de pouvoir).  L’agresseur est souvent connu de la victime et utilise des méthodes de manipulation :  le chantage affectif, l’intimidation, les menaces, la violence verbale, psychologique, physique et sexuelle afin de maintenir la victime dans le silence.

Cela peut prendre diverses formes :  inceste, harcèlement sexuel, appels obscènes,  agressions sexuelles, exhibitionnisme, voyeurisme, pornographie juvénile, prostitution juvénile.

 

L’AMPLEUR DU PROBLÈME

Il s’avère difficile de connaître la juste réalité car la grande majorité des victimes ne déclarent pas les agressions subies.

  • A peine 10% des agressions sexuelles sont signalées à la police.

Selon Statistiques Canada 1993, l’enquête révèle que :

  • 34% des québécoises de 18 ans et plus ont été victimes d’au moins 1 agression depuis qu’elles ont atteint
    l’âge de 16 ans.
  • 82% des victimes étaient des femmes;  62% de toutes les victimes étaient âgées de moins de 18 ans.

Toutefois,

  • 31% des victimes de moins de 12 ans sont de sexe masculin.

Parmi toute les victimes, on compte :

  • 38% d’adultes;
  • 32% de jeunes de 12 à 17 ans;
  • 30% d’enfants de moins de 12 ans.

Par ailleurs, il semble que 1 fille sur 3, et 1 garçon sur 6 seraient agressé sexuellement avant d’atteindre l’âge adulte.

On dit également :

Que dans 70 à 85% des cas, l’agresseur est connu de la victime.

Il semble plus difficile pour la victime de dénoncer lorsque l’agression a été commise dans un contexte où l’agresseur est connu.  Il est également très difficile pour les victimes de briser le silence lorsqu’il y a un lien de confiance où une relation d’autorité entre elles et l’agresseur.

Selon nos statistiques, il y a un grand écart d’âge entre le moment où l’agression a été commise et le moment où la victime demande de l’aide.  La majorité de notre clientèle était mineure au moment de l’agression, ce n’est que bien des années plus tard que les victimes brisent le silence.

Bien que la majorité des victimes soit des femmes, plusieurs hommes abusés dans l’enfance demandent de l’aide.

 

LES CONSÉQUENCES

Certaines conséquences varient selon les personnes et dépendent du lien avec l’agresseur, de l’âge de la victime, de la nature des gestes posés ainsi que la durée et la fréquence des agressions.

 

QUELQUES CONSÉQUENCES SUR LE PLAN PSYCHOLOGIQUE

  • dépression, angoisse, idéation suicidaire;
  • difficultés sur le plan sexuel;
  • troubles du sommeil, insomnie, cauchemar;
  • troubles alimentaires;
  • sentiment de trahison, de culpabilité, de honte;
  • faible estime de soi, impression de vide intérieur;
  • abus de drogues;
  • non participation à la vie sociale et collective;
  • peur et méfiance généralisées;
  • revictimisation à l’âge adulte (violence conjugale) ou victimisation de ses enfants.

A cette liste s’ajoute parfois des troubles physiques

  • maux de ventre, troubles intestinaux;
  • maux de tête, etc.;
  • Douleurs chroniques, maladies transmises sexuellement (MTS, SIDA, etc.).